Corridor Nord : Quand la Direction du Budget du MEF et la Fondation FHADIRN forme les journalistes de la région

Une cinquantaine de journalistes issus de différents médias du Nord, Nord-est, Nord-ouest ont participé, le Samedi 06 Septembre 2025, à une journée de formation professionnelle organisée par les chambres de commerce Nord, Nord-est, Nord-ouest. L’atelier, axé sur l’éthique, la vérification des faits et l’information sur des opportunités économiques de la région Nord, a permis aux participants d’échanger sur les défis actuels en matière d’économie et de partager leurs expériences.

Cette journée de formation a permis aux journalistes de mieux comprendre les enjeux économiques et budgétaires auxquels fait face la région Nord, tout en les dotant d’outils pour analyser et relayer avec plus de pertinence les politiques publiques et les initiatives de développement. Les échanges avec les intervenants ont mis en évidence le rôle clé des médias dans la sensibilisation des citoyens et des acteurs économiques, notamment autour de la relance, de la formalisation des entreprises et du renforcement du climat des affaires.

À cette occasion, Jean Michel Silin, Directeur Général du Budget au Ministère de l’Économie et des Finances, a présenté une analyse détaillée du budget national et régional, soulignant les impacts attendus sur le financement de la relance économique et sur le soutien aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME).

Les journalistes représentant le Quotidien 509 ont salué cette initiative, déclarant : « Ces formations sont essentielles pour renforcer notre capacité à informer le public de manière précise et constructive. Comprendre les mécanismes budgétaires et les projets de développement comme le Corridor Nord et le projet UFA nous permet de mieux accompagner la transformation économique de la région et de rendre compte de manière objective de ses retombées. » En clôturant la rencontre, les organisateurs ont souligné l’importance d’un partenariat durable entre les Chambres de commerce, la FHADIRN et la presse locale, afin de renforcer la transparence et la participation citoyenne dans les grands projets structurants.

« Ce type d’initiative redonne confiance et ouvre de nouvelles perspectives économiques sur la région », a déclaré Lorvinsky Fils-Aimé un des journalistes participants.

Les organisateurs souhaitent renouveler l’expérience afin de contribuer à un journalisme plus adapté et plus responsable aux réalités économiques d’aujourd’hui.

Le secteur privé s’engage pour une Haïti plus sûre et inclusive

Forum d’engagement du secteur prive des affaires dans la Réduction de la Violence Communautaire (RVC) et le désengagement des jeunes affilies aux gangs (DDR-RVC)

Du 29 au 31 juillet 2025, la ville du Cap-Haïtien a accueilli un événement d’une portée nationale “le Forum National d’Engagement du Secteur Privé des Affaires dans la Réduction de la Violence Communautaire (RVC) et le désengagement des jeunes affiliés aux gangs”. Cette activité stratégique, coordonnée par la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), a bénéficié du soutien financier et technique du Système des Nations Unies, notamment à travers le BINUH et de l’assistance du Ministère du Commerce et de l’Industrie.

Pensé comme un espace de dialogue, d’analyse et de co-construction, ce forum s’inscrit dans une dynamique de mobilisation multisectorielle face à une insécurité qui ne cesse de s’intensifier et qui menace les fondements mêmes du tissu social et économique haïtien. Au-delà de son caractère consultatif, cette rencontre marque une étape décisive dans la recherche de solutions concertées pour freiner la montée de la violence, favoriser le désengagement des jeunes des groupes armés, et renforcer les capacités locales de résilience. Elle illustre la pertinence d’un engagement du secteur privé dans les efforts de stabilisation nationale, en tant que partenaire stratégique du développement et de la paix.

Haïti traverse une crise sans précédent, marquée par une intensification dramatique de la violence des gangs. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, plus de 5 600 personnes ont été tuées en 2024, et 1 617 autres ont perdu la vie au premier trimestre de 2025, dans un contexte de violences extrêmes impliquant groupes armés, milices d’autodéfense et forces de sécurité (ONU, 2025a). En parallèle, environ 1,3 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, dont près de la moitié sont des enfants, tandis que près de 500 000 armes illégales circulent librement sur le territoire (ONU, 2025b). Ces chiffres traduisent une escalade alarmante, avec près de 90 % de la capitale sous contrôle de gangs, affectant gravement la vie quotidienne, la mobilité, et la sécurité des citoyens.

Cette insécurité chronique a des répercussions directes sur le secteur des affaires : fermeture de commerces, paralysie des chaînes d’approvisionnement, désengagement des investisseurs, fuite des capitaux et perte généralisée de confiance dans les institutions. Les entreprises locales, déjà fragilisées par des années d’instabilité, se retrouvent dans l’incapacité de planifier, de produire ou d’employer durablement. Cette situation met en péril non seulement l’économie nationale, mais aussi les perspectives d’insertion socioéconomique pour des milliers de jeunes.

Face à cette urgence nationale, le Forum DDR-RVC s’est imposé comme un espace de mobilisation exemplaire. Pendant trois jours, plus de 360 participants se sont réunis, parmi lesquels une part significative de femmes (environ 32 %) et de jeunes leaders communautaires, venus de tous les départements du pays. Cette diversité territoriale et générationnelle a enrichi les échanges, renforçant la légitimité et la portée des recommandations formulées.

Malgré les contraintes logistiques liées à la localisation excentrée du forum, la participation est demeurée constante, dynamique et engagée, traduisant une volonté collective de contribuer à la stabilisation du pays. Les acteurs présents, entrepreneurs, responsables locaux, représentants d’institutions, jeunes en quête de solutions, ont démontré que la résilience territoriale existe, et qu’elle ne demande qu’à être soutenue, structurée et valorisée.

Les échanges ont permis de dresser un diagnostic régional précis des problématiques majeures qui affectent le pays : gouvernance locale absente, exclusion économique des jeunes, insécurité armée, crise foncière, migration non régulée, inégalités persistantes, et manque criant de formation technique adaptée aux réalités territoriales. Bien que ces défis varient selon les régions, ils convergent vers une même urgence, agir ensemble pour reconstruire le tissu social et économique haïtien sur des bases plus justes, inclusives et durables.

Face à cette complexité, plusieurs pistes d’action concrètes ont été identifiées, inspirées d’expériences réussies dans d’autres contextes :

Ces recommandations constituent des leviers essentiels pour freiner la spirale de la violence, favoriser le désengagement des jeunes des groupes armés, et bâtir une paix durable, fondée sur la participation citoyenne, la valorisation des compétences locales et le renforcement de la cohésion territoriale.

Ce forum a démontré que le secteur privé haïtien peut, et doit, jouer un rôle central dans la stabilisation du pays. Il a également mis en lumière le potentiel immense de la jeunesse, trop souvent marginalisée, mais porteuse de solutions innovantes, d’une énergie de transformation, et d’un désir profond d’engagement. La participation active des femmes a été particulièrement saluée, soulignant leur rôle incontournable dans la résilience communautaire et la reconstruction sociale.

La Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) tient à exprimer sa reconnaissance sincère au Ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi qu’au Système des Nations Unies, pour leur appui technique et financier à la réalisation de cette activité. Leur engagement aux côtés des acteurs locaux constitue un gage de confiance, de cohérence stratégique, et de solidarité institutionnelle dans la recherche de solutions durables.

Ce forum n’est pas une fin, mais bien un point de départ. Il appelle à la continuité, à la concertation multisectorielle, et à la mise en œuvre rapide des recommandations formulées. Ensemble, secteur privé, institutions publiques, partenaires internationaux et communautés locales, nous pouvons bâtir une Haïti plus sûre, plus juste et plus inclusive, où chaque voix compte et chaque territoire devient acteur de sa propre transformation.

Un Conseil d’Administration renouvelé, une dynamique élargie vers une intégration économique nationale

Depuis la résolution de l’Assemblée Générale des Membres en date du 5 août 2008, modifiant les statuts de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), ratifiés par les Présidents des Chambres Départementales le 26 septembre de la même année, la CCIH,  s’est affirmée comme une instance fédératrice, porteuse de la voix du secteur privé haïtien. Pourtant, il aura fallu de nombreuses années pour que l’idée d’une véritable inclusion régionale dépasse le cadre des résolutions et s’incarne concrètement dans la gouvernance nationale, dans les faits.

Avec l’installation du nouveau Conseil de la CCIH en novembre 2024 , porté par la Chambre départementaledu Sud, c’est seulement la deuxième fois, depuis la fondation de l’institution, qu’une Chambre régionale accède à la présidence nationale. Ce fait, en apparence administratif, est en réalité hautement symbolique. Il marque une volonté claire d’ouvrir les perspectives, de décentraliser les leviers économiques, et de reconnaître que le dynamisme entrepreneurial haïtien ne se limite pas à l’Ouest du pays.

Cette nouvelle configuration n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une mobilisation collective, d’un appel à la représentativité, et d’un besoin urgent de repenser les équilibres territoriaux dans la gouvernance économique du pays. Elle témoigne d’une maturité institutionnelle qui, bien que tardive, mérite d’être saluée.

Bien entendu, le chemin ne sera pas facile. Les résistances sont parfois tenaces, les habitudes bien ancrées, et les logiques centralisatrices persistent. Mais avec le soutien de toutes les Chambres départementales, avec une volonté partagée de bâtir une économie inclusive, pérenne et équitable, nous pouvons faire de cette transition une réussite collective.

La CCIH est, rappelons-le, une fédération des Chambres de Commerce des dix départements du pays. Il est donc impératif que chacune de ces entités soit activement intégrée dans les réflexions, les décisions et les actions. La redynamisation économique d’Haïti ne peut se faire sans ses territoires, sans ses entrepreneurs locaux, sans ses voix régionales.

Ce nouveau Conseil incarne une promesse : “celle de l’ouverture, de la reconnaissance et de l’action partagée”.

Il nous appartient désormais de la concrétiser, avec methode, avec courage, et avec la conviction que l’avenir économique d’Haïti se construit à plusieurs mains, sur l’ensemble de son territoire.

Vers une réforme de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti

Les présidents des différentes Chambres de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) se sont réunis au local de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Sud (CCI-SUD), du 19 au 21 janvier 2024, dans le cadre de la première retraite annuelle de la CCIH. Considérant la nécessité de moderniser et de renforcer l’institution en crise depuis plus d’une décennie, ils ont adopté à l’unanimité une résolution devant aboutir à la réforme de la CCIH. Suivant une note des signataires de la résolution dont le journal a obtenu copie, les discussions de cette session spéciale du conseil de la CCIH ont porté sur la nécessité d'opérer une grande réforme devant conduire au bon fonctionnement de la CCIH dont le rôle fondamental est la valorisation du secteur privé au pays, la protection et la défense des intérêts des entrepreneurs et l'accompagnement de l'État pour le développement socio-économique.   

Après s’être accordés sur la nécessité d’opérer cette réforme pour renforcer sa gouvernance, son impact et son efficacité, les présidents ont validé la nouvelle vision de l’institution qui consiste à la transformer en un vrai «  catalyseur » de développement économique durable, positionnant Haïti comme un pôle d'activité commerciale et industrielle florissant avec des missions clés visant à coordonner et à promouvoir le développement économique dans le pays. Cette réforme facilitera une meilleure coordination entre les différentes Chambres de commerce départementales en vue de créer une approche harmonisée du développement économique, la représentation des intérêts collectifs des entreprises du pays au niveau régional, national et international, et plaider en faveur de politiques économiques et la signature d' accords favorables.

Lesdits présidents envisagent aussi de travailler en collaboration avec les Chambres départementales pour élaborer des stratégies communes de développement économique, prenant en compte les spécificités de chaque département, promouvoir l'investissement et le renforcement des capacités en mettant en œuvre des programmes destinés aux entreprises locales couvrant des domaines tels que la gestion, le marketing, les finances et les technologies. La création de réseaux d'entreprises, l’accompagnement des projets, la facilitation des échanges commerciaux, l’innovation et la transformation numérique, le suivi des indicateurs économiques et l’établissement de partenariats constituent aussi des missions que la CCIH s’est donnée au cours de cette retraite. 

La résolution de la CCIH consiste également à s’assurer du respect par l’institution des lois et régulations nationales régissant le fonctionnement des Chambres de commerce et d'industrie ; examiner et réviser les statuts et le modèle de gouvernance existants de la CCIH afin de les adapter aux besoins actuels et futurs tout en restant en conformité avec les normes légales en vigueur. La CCIH veut diversifier et consolider ses sources de financement en explorant des modèles innovants et durables et renforcer l'autonomie des dix Chambres départementales qui lui sont affiliées. Ils se sont engagés à instaurer une gouvernance transparente, efficace et participative au sein de la CCIH.

Les participants à cette retraite ont adopté, en guise de plan de suivi, la création d'un comité qui organisera des séances de travail pour finaliser le document des statuts de la CCIH, la consultation des membres et d’autres partenaires nationaux et internationaux pour recueillir leurs opinions et suggestions, l’élaboration de plans détaillés et une évaluation continue visant la mise en place d’un mécanisme de communication régulière pour informer les membres et les parties prenantes des progrès de la réforme. Ainsi, la date limite des élections des conseils d’administration des chambres départementales est fixée au 30 août 2024. Celle des élections du conseil d’administration de la CCIH est fixée au 15 septembre 2024.